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Saturday, 6 April 2024

E&R Laurent Guyénot - Menahem Begin s’est vanté d’être le père fondateur du terrorisme mondial en 1974.

 VIVE L'HOLOCAUSTE DE DEIR YASSIN DE 1948!  PLUS D'UN DEMI MILLION D'ARABES EN FUITE!

 


BIBLICAL COMPILATION - ANONYMOUS John 8:31-33

31 So He said to the Jews who had believed Him, “If you continue in My word, you are truly My disciples.

32 Then you will know the truth, and the truth will set you free.”

33“We are Abraham’s descendants,” they answered.

“We have never been slaves to anyone. How can You say we will be set free?”…

"Ye shall know the TRUTH, and the truth shall make you FREE!"  

 

"Si Yahvé veut répandre la terreur parmi les non-juifs, n’est-il pas un dieu terroriste ? N’est-il pas le dieu des terroristes ? Les terroristes ont toujours été à l’honneur en Israël. En 1974, dans une interview télévisée, le futur Premier ministre Menahem Begin s’est vanté d’être le père fondateur du terrorisme mondial. Dans ses mémoires, il se félicite du massacre de Deir Yassin le 9 avril 1948, parce qu’ainsi, dit-il, plus d’un demi-million d’Arabes furent « pris de panique et s’enfuirent aux cris de “Deir Yassin” ». Qu’on ne me dise pas que Begin n’était pas un fidèle serviteur de son dieu."

Yahvé, le dieu terroriste

« It’s time for Jews to be feared ! » « Il est temps pour les juifs d’être craints », a déclaré le Rabbi Shmuley récemment. Les juifs n’ayant pas réussi à venir à bout de l’antisémitisme en essayant de se faire aimer ou admirer, doivent maintenant se faire craindre. C’est le nouveau mot d’ordre.

 

Le problème est que, si les juifs veulent être craints, alors ils doivent aussi accepter d’être détestés. La « crainte des juifs » peut se traduire, littéralement, par « judéophobie » (du grec phobos, crainte, peur). Pour se faire craindre, il faut avoir le pouvoir de nuire, et il faut le montrer. Bref, si les juifs veulent se faire craindre pour lutter contre l’antisémitisme, alors l’antisémitisme a de beaux jours devant lui.

Tout cela n’est pas très logique. Mais c’est très biblique. À ma connaissance, la Bible hébraïque ne recommande pas aux juifs de se faire aimer des non-juifs. Non, au contraire, elle leur apprend à se faire craindre. Le dieu d’Israël dit à son peuple, en Deutéronome 2:25 :

« À partir d’aujourd’hui, je répandrai la terreur et la crainte de toi parmi les peuples qui sont sous tous les cieux : quiconque entendra le bruit de ton approche sera saisi de trouble et frémira d’angoisse. »

Si Yahvé veut répandre la terreur parmi les non-juifs, n’est-il pas un dieu terroriste ? N’est-il pas le dieu des terroristes ? Les terroristes ont toujours été à l’honneur en Israël. En 1974, dans une interview télévisée, le futur Premier ministre Menahem Begin s’est vanté d’être le père fondateur du terrorisme mondial. Dans ses mémoires, il se félicite du massacre de Deir Yassin le 9 avril 1948, parce qu’ainsi, dit-il, plus d’un demi-million d’Arabes furent « pris de panique et s’enfuirent aux cris de “Deir Yassin” ». Qu’on ne me dise pas que Begin n’était pas un fidèle serviteur de son dieu.

Netanyahou est aussi un bon yahviste. En 2015, devant le Congrès américain, il demandait à l’Amérique de bombarder l’Iran au nom de la Bible hébraïque. Il citait le livre d’Esther, qui justement est important pour comprendre comment les juifs veulent se faire craindre. Je résume l’histoire. Le roi perse Assuérus a émis un décret de solution finale au sujet des juifs de son royaume, parce que « le peuple juif se trouve sur tous les points en conflit avec l’humanité entière, qu’il commet les pires méfaits jusqu’à menacer la stabilité de notre royaume ». Mais grâce aux charmes d’Esther, juive secrète qui s’est glissée dans le lit d’Assuérus, les juifs vont retourner la situation et obtenir du roi que le conseiller qui lui a inspiré ce décret soit pendu avec ces dix fils, et qu’un nouveau décret royal soit promulgué, qui donne aux juifs « permission d’exterminer, égorger et détruire, avec leurs femmes et leurs enfants, tous ceux qui voudraient les attaquer, et aussi de piller leurs biens » (8,11). C’est ainsi que les juifs massacrèrent soixante-quinze mille personnes. Dans tout le pays, conclut le livre d’Esther, « ce ne fut pour les Juifs, qu’allégresse, liesse, banquets et fêtes. Parmi la population du pays bien des gens se firent Juifs, car la crainte des Juifs s’appesantit sur eux » (8,17).

Cette histoire est totalement fictive, mais elle est très importante pour les juifs, car chaque année, à Pourim, ils célèbrent la pendaison d’Haman avec ses douze fils, et le massacre de 75 000 personnes, femmes et enfants compris.

Selon la conclusion de cette histoire, la crainte des juifs produit de nouveaux juifs, des gentils qui se font juifs par peur des juifs. C’est bien ce que dit le texte : « beaucoup de gens se firent Juifs parce que la peur des Juifs leur tomba dessus » (ou « les saisit », selon une autre traduction). Comme je l’ai dit, la crainte des juifs a plus de chance de produire des antisémites que des juifs nouveaux. Néanmoins, on trouverait facilement des exemple de gens qui se font juif par peur des juifs : tout homme politique non-juif qui s’est un jour mis une kippa sur la tête et a juré une fidélité éternelle à Israël, s’est fait juif par peur des juifs.

Il y a dans le livre de Josué une autre histoire qui va dans le même sens. Au début du chapitre 2, Josué, qui reçoit ses ordres directement de Yahvé dans le Tabernacle, envoie deux espions dans la cité de Jéricho. Ayant été repérés, ils se cachent chez une prostituée du nom de Rahab. Celle-ci les aide à s’échapper en échange de la vie sauve pour elle et sa famille quand Israël attaquera la ville, parce que, dit-elle, « Je sais que Yahvé vous a donné ce pays, que vous faites notre terreur, et que tous les habitants du pays ont été pris de panique à votre approche ». Par conséquent, « Yahvé, votre dieu, est Dieu. »

Les éditeurs dominicains de la Bible de Jérusalem ont inclus en bas de cette histoire la note suivante :

 « Cette profession de foi au Dieu d’Israël a fait de Rahab, aux yeux de plus d’un Père de l’Église, une figure de l’Église venue de la Gentilité, sauvée par sa foi. » Que la putain de Jéricho soit un symbole de l’Église parce que, sous l’effet de la terreur d’Israël, elle se met à croire que le dieu d’Israël est Dieu et aide Israël à commettre le génocide de Jéricho (« hommes et femmes, jeunes et vieux, jusqu’aux taureaux, aux moutons et aux ânes », Josué 6:21), voilà une idée qui laisse perplexe.

Mais ce n’est pas, au fond, une mauvaise métaphore pour la complicité du monde chrétien dans le génocide israélien des Gazaouis. La peur d’Israël est, chez les chrétiens d’aujourd’hui, plus forte que la pitié pour les Gazaouis. Ils préfèrent cent fois s’en prendre à la Russie qu’à Israël. Car la Russie semble plutôt raisonnable, tandis qu’on ne sait pas de quoi Israël est capable.

Israël est le seul pays qui menace ouvertement de faire péter la planète. Ils appellent ça l’Option Samson. L’Option Samson, c’est la combinaison de la capacité nucléaire d’Israël et de sa réputation d’État paranoïaque, sociopathique et imprévisible. Tous les États savent qu’Israël possède une centaine de têtes nucléaires (80 selon l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm). Et tous les États savent qu’Israël est, comme prévenait déjà Moshe Dayan en 1967, « un chien fou, trop dangereux pour être importuné ». Semer la désolation nucléaire sur les ennemis d’Israël est très biblique :

« Et voici la plaie dont Yahvé frappera tous les peuples qui auront combattu contre Jérusalem : il fera pourrir leur chair alors qu’ils se tiendront debout, leurs yeux pourriront dans leurs orbites, et leur langue pourrira dans leur bouche. » (Zacharie 14,12)

Martin van Creveld, professeur d’histoire militaire à l’université de Jérusalem, expliquait au journal britannique The Guardian en 2003 que les révoltes palestiniennes ne trouveront qu’une seule solution : le « transfert » de tous les Palestiniens hors de Palestine. Sur le risque d’une opposition de la communauté internationale à un tel projet, il ajoutait : « Nous possédons plusieurs centaines de têtes et missiles nucléaires et nous pouvons les lancer dans toutes les directions. […] Nous avons la capacité d’entraîner le monde dans notre chute. Et je peux vous assurer que cela arrivera avant qu’Israël ne tombe. » Voilà résumé l’essence de l’Option Samson.

L’audace et l’impunité d’Israël aujourd’hui sont incompréhensibles si l’on ne prend pas en compte l’Option Samson. Mais l’Option Samson, comme le pouvoir juif en général, est tabou : tout le monde doit la connaître, mais personne n’a le droit d’en parler. Ce silence est le test ultime de la peur d’Israël. Dans un récent post, Seymour Hersh écrit : « Personne à Washington n’est autorisé à parler de l’arsenal nucléaire israélien. Ou comment cela affecte la région. Ou si cela sert les intérêts américains, alors même que le Moyen-Orient est au bord d’une guerre régionale. »

Hersh ne le dit pas, mais tout le monde l’a compris : c’est grâce à l’assassinat de Kennedy qu’Israël a pu se doter de l’Option Samson. Jefferson Morley, un investigateur sur l’assassinat de Kennedy, fait remarquer, en commentaire du post de Hersh, qu’il existe aussi un « bâillon israélien » (the Israeli gag) dans la recherche sur Kennedy.

« Vous pouvez constater les effets de la règle du bâillon israélien dans le témoignage longtemps classifié de James Angleton, chef du contre-espionnage de la CIA, devant les enquêteurs du Sénat en juin 1975. Les expurgations rendent visible ce que les gouvernements américain et israélien cherchent à dissimuler en 2024 : comment Israël a obtenu des armes nucléaires sous la surveillance d’Angleton. »

Dans l’extrait ci-dessous du rapport déclassifié d’une audition devant le Sénat en juin 1975, Angleton confirme qu’il tenait the Israeli account, le compte israélien (on disait aussi the Israeli desk, le bureau israélien), mais le mot Israeli est censuré.

 

 

Comme chacun sait, Angleton est le suspect numéro un à l’intérieur de la CIA pour l’assassinat de Kennedy. Or, dans sa biographie d’Angleton, Morley a démontré son étroite collusion avec le Mossad, incluant sa complicité dans la contrebande de matériaux et de technologie nucléaires vers Israël. Ce qui veut dire que la piste de la CIA rejoint directement la piste du Mossad (ce que Morley évite de dire, en tant que membre éminent de l’école respectable : « C’est la CIA ! »).

Je dois dire que suis très déçu par le neveu du président Kennedy, Robert Kennedy Junior, qui semble n’avoir aucune idée du lourd soupçon qui pèse sur Israël dans les assassinats de son oncle et de son père, ou bien fait semblant de ne pas le savoir, ou bien ne veut pas le savoir.

Et puisque j’ai commencé cet article en parlant de Rabbi Shmuley, je dois préciser que Rabbi Shmuley est un des amis et conseillers de Robert Kennedy Junior. Lors d’un meeting le 25 juillet 2023, il a présenté Robert Kennedy en mentionnant son père : « Le 5 juin 1968, à 00 h 15,… Robert Kennedy Sr., l’un des plus grands Américains qui ont jamais vécu, a été abattu par un terroriste palestinien, Sirhan Sirhan, et assassiné en raison de son soutien à Israël. Il a été abattu parce qu’il voulait partager le sort du peuple juif. » Bobby Jr. a écouté sans broncher, sans le moindre signe de désapprobation, alors qu’il sait très bien que son père n’a pas été tué par Sirhan, et certainement pas pour son soutien à Israël. Robert Kennedy Junior est resté figé et muet dans son fauteuil, même quand une dame courageuse dans l’assistance à traité Shmuley de menteur.

C’est un moment tristement révélateur. En humiliant publiquement Robert Kennedy Junior, Shmuley fait un exemple. Pour se faire craindre, les juifs doivent montrer leur pouvoir en faisant des exemples.

C’est ce qu’il font à Gaza, à une autre échelle. Cela explique, selon Andrew Anglin, qu’ils laissent sortir tant d’images du martyre de Gaza : c’est une crucifixion, une agonie offerte en spectacle aux yeux de tous, pour l’exemple.

Israël veut régner par la terreur. C’est dans la nature d’Israël parce que c’est dans la nature du dieu d’Israël. Le dieu d’Israël est le dieu terroriste, et le monde entier est aujourd’hui saisi de terreur. Yahvé règne !

Laurent Guyénot

Laurent Guyénot et la Bible hébraïque, sur E&R :

 
 

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Wednesday, 21 September 2022

TRIOMPHE DE LA GUERRIÈRE ET HEROÏNE MARTYR DARIA DOUGUINE - Youssef Hindi (exclusivité E&R)

  

« Papa, je me sens comme un guerrier, comme un héros, je veux être comme ça, je ne veux pas d’autre destin, je veux être avec mon peuple, avec mon pays, je veux être du côté des forces de la lumière, c’est le plus important. » [1]

Daria a été assassinée comme l’a été la journaliste palestinienne (de confession chrétienne) Shireen Abu Akleh par l’armée israélienne 

La mort triomphale de Daria – Le rôle historique du martyr et du héros

Un article de Youssef Hindi (exclusivité E&R)

La mort triomphale de Daria
Le rôle historique du martyr et du héros

Un article de Youssef Hindi en exclusivité pour le site E&R

 Sommaire

 - La guerre et le héros

- Le martyr et sa victoire dans l’Histoire

 *

 Les assassins de notre amie et camarade Daria Douguine lui ont « offert » un cadeau : le statut de héros et de martyr. Et ils ont offert à la Russie un symbole de lutte contre l’Empire du mensonge.


Le soir de sa mort, elle a confié à son père :

« Papa, je me sens comme un guerrier, comme un héros, je veux être comme ça, je ne veux pas d’autre destin, je veux être avec mon peuple, avec mon pays, je veux être du côté des forces de la lumière, c’est le plus important. » [1]

 

La guerre et le héros

Daria Douguine n’était pas un partisan de la guerre, elle n’a jamais appelé à tuer qui que ce soit, contrairement à Bernard-Henri Lévy, le fauteur de guerre qui se félicite d’avoir contribué à déclencher des agressions militaires qui ont détruit des pays entiers, et massacré des populations civiles par dizaines de milliers.

Daria faisait partie de la large part des Russes qui a soutenu l’intervention contre le régime de Kiev qui bombarde depuis 2014 les populations civiles du Donbass, ayant fait 14 000 morts (d’après l’OSCE), et ce avant l’intervention russe du 24 février 2022 [2].

Une intervention qui n’est pas une guerre entre les Ukrainiens et les Russes, mais entre l’OTAN et la Russie. Elle est la conséquence de l’expansion (cinq vagues d’expansion) de l’OTAN vers la porte de la Russie, la menaçant directement. Il s’agit d’une guerre entre la puissance thalassocratique anglo-américaine judéo-protestante, et la Russie, la puissance terrestre qui se bat pour sa survie. C’est aussi une guerre civilisationnelle opposant le modernisme occidental au reste de l’humanité qui tente de préserver ses traditions et ses religions.


Et cela, Daria l’avait parfaitement compris, comme son père avant elle et Arnold J. Toynbee avant lui. Elle écrivait dans un récent entretien (publié le 25 mai 2022) :

Pour consolider le monde multipolaire, les zones frontalières (intermédiaires) entre les civilisations doivent être traitées avec soin. Tous les conflits se déroulent aux frontières (zones intermédiaires) des civilisations, là où les attitudes s’affrontent. Il est donc primordial de développer un état d’esprit « frontalier » (intermédiaires) si l’on veut que le monde multipolaire fonctionne pleinement et passe du « choc » au « dialogue » des civilisations. Sans cela, il y a un risque de « choc »…

La situation en Ukraine est précisément un exemple de choc des civilisations ; elle peut être considérée comme un choc des civilisations mondialiste et eurasienne. Après la « grande catastrophe géopolitique » (comme le président russe a appelé l’effondrement de l’URSS), les territoires du pays autrefois uni sont devenus des « frontières » (zones intermédiaires) – ces espaces auxquels l’attention des voisins s’est accrue, l’OTAN et surtout les États-Unis étant intéressés à déstabiliser la situation aux frontières de la Russie. Dans les années 1990, un travail cohérent a été initié avec les cadres des nouveaux gouvernements des nouveaux États – l’Ukraine ne fait pas exception. Les événements de 2014 en Ukraine, le Maïdan, soutenus avec tant de ferveur à la fois par Nuland et le fameux Bernard-Henri Lévy, soldat de l’ultra-mondialisation, ont été un tournant, en fait ils ont ouvert la porte à l’établissement d’un dictat mondialiste direct sur l’Ukraine. De plus, les éléments libéraux et nationalistes, qui étaient plus ou moins neutres avant 2014, ont rejoint un front uni avec un agenda mondialiste et pro-américain. Pendant 8 ans en Ukraine, la russophobie a été cultivée par divers programmes et l’histoire a été réécrite, jusqu’au massacre physique des Russes : ces mêmes 8 années terribles pour le Donbass avec des bombardements quotidiens…


Pour moi, la douleur la plus importante est que l’Europe a succombé à l’influence de la propagande mondialiste et qu’au lieu de rester neutre, elle a pris le parti de la guerre. » [3]


Nous sommes là très éloignés du discours « nazi » que lui prêtent les infâmes journalistes occidentaux et l’assoiffé de sang BHL, qui ont justifié l’assassinat d’une jeune femme de 29 ans par sa diabolisation et celle de son père Alexandre Douguine. Seuls des forces maléfiques assassinent lâchement une femme sans défense. Daria a été assassinée comme l’a été la journaliste palestinienne (de confession chrétienne) Shireen Abu Akleh par l’armée israélienne [4].

L’on peut également faire le parallèle entre la population du Donbass bombardée depuis plus de huit ans par le régime de Kiev, et la population de Gaza par l’État hébreu.

La multipolarité, la lutte contre l’empire antichristique, était le combat de Daria. Elle menait cette guerre sur le plan intellectuel et métaphysique. En cela elle était une combattante áristos (meilleur, élite) et spirituelle. Elle fait partie de ceux qui mènent une guerre défensive pour « des motifs spirituels », « une voie de réalisation surnaturelle et d’immortalisation pour le héros (c’est le thème de la "guerre sainte") » (Julius Evola, La Métaphysique de la guerre).

Nos ennemis s’imaginent marquer des points, nous affaiblir et nous effrayer en tuant nos camarades ; or ils nous renforcent.


Selon plusieurs traditions, celui qui meurt pour une cause juste n’est pas le perdant, mais le victorieux. Une antique tradition celte exhorte ainsi le guerrier :

« Combattez pour votre terre et acceptez la mort s’il le faut : car la mort est une victoire et une libération de l’âme. »

Ce qui correspond à l’expression latine mors triumphalis (la mort triomphale), et qui n’est pas éloignée de la devise Vita est militia super terram (la vie sur terre est un combat), qui fut assumée par le christianisme, qui reconnut que « non seulement avec l’humilité, la charité, l’espérance et le reste, mais aussi avec une sorte de violence — l’affirmation héroïque, ici — il est possible d’accéder au "Royaume des Cieux" » [5].

La guerre pour une juste cause, pour reprendre une terminologie du christianisme médiéval, ne doit pas être confondue avec la guerre de destruction que mène actuellement l’empire anglo-américain judéo-protestant.

Dans le présent contexte, la guerre juste est celle qui s’oppose à l’expansion de l’empire du chaos, et ce notamment au moyen du verbe.

C’est que l’on appelle en islam le jihâd fî sabîli-Llâh, « le combat dans la Voie de Dieu » et qui peut prendre plusieurs formes. Jihâd a pour étymologie « effort ».

« Le plus noble des jihâd est un discours véridique face à un pouvoir injuste. » (Le Prophète Muhammad) [6]

« Celui d’entre vous qui voit un mal qu’il le change par sa main. S’il ne peut pas alors par sa langue et s’il ne peut pas alors avec son coeur, et ceci est le niveau le plus faible de la foi. » (Le Prophète Muhammad) [7]

De ce point de vue, et plus encore dans l’ère eschatologique où se situe actuellement le combat, la guerre n’est pas tant une lutte physique qu’un affrontement spirituel contre les forces du Mal. Et Daria avait pleine conscience de la dimension fondamentalement religieuse et eschatologique de notre combat intellectuel et spirituel.

« Il y a une différence radicale entre qui fait simplement la guerre et qui, par contre, dans la guerre fait aussi la "guerre sainte", en vivant une expérience supérieure, désirée et désirable pour l’esprit.

Il faut ajouter que si cette différence est avant tout intérieure, sous l’impulsion de tout ce qui a intérieurement une puissance, se traduisant aussi à l’extérieur, des effets en découlent sur d’autres plans et, plus particulièrement, dans les termes suivants. Avant tout, termes d’une "irréductibilité" de l’impulsion héroïque : qui vit spirituellement l’héroïsme est chargé d’une tension métaphysique, stimulé par un élan dont l’objet est "infini", dépassera toujours ce qui anime celui qui se bat par nécessité, par métier ou sous la poussée d’instincts naturels ou de suggestions.

En second lieu, qui se bat dans une "guerre sainte" se situe spontanément au-delà de tout particularisme, vit dans un climat spirituel qui, à un moment donné, peut fort bien donner naissance à une unité supranationale dans l’action. » (Julius Evola) [8]

Cette guerre contre le Mal se déroule sur le plan matériel, collectif, mais également individuel. Il consiste à extirper de notre personne, de notre âme, toute influence maléfique.

C’est le sens des paroles du prophète Muhammad (paix et bénédiction de Dieu sur lui) sur le chemin du retour à Médine après les ultimes victoires de la Mecque et de Hunayn : « Nous sommes revenus du petit jihâd au grand jihâd ». Lorsqu’on le questionna sur ce qu’est le grand jihâd, il répondit : « le combat contre ses passions » [9] [10].

Le grand mystique musulman, Jalâl-ad-Dîn Rûmi (1207-1273), a commenté ces paroles du Prophète : « Nous sommes revenus, c’est-à-dire, nous avons jusqu’ici fait la guerre des formes, nous combattions contre des ennemis ayant des formes ; à présent nous combattrons contre des pensées, afin que les bonnes pensées détruisent les mauvaises et les expulsent du domaine du corps. La grande guerre et le grand combat sont cette guerre et ce combat. » [11]

 

Le martyr et sa victoire dans l’Histoire

L’histoire du christianisme des premiers siècles dans l’Empire romain, comme de l’islam des débuts, à la Mecque, est riche d’enseignements pour notre époque et notre combat contre l’Empire antichristique qui, d’une certaine façon, à repris le flambeau des païens persécuteurs des premiers chrétiens et des premiers musulmans. Elle met notamment en évidence, sans discussion, que les martyrs ne sont pas des victimes mais des héros triomphants, qui ont eu raison de leurs ennemis, et ce après leur mort.

Les trois premiers siècles du christianisme sont pavés de sang et de douleur, et les siècles suivant ont été ceux du triomphe, de la gloire et de la puissance. Les derniers sont devenus les premiers.

L’apôtre Pierre, qui s’est rendu à Rome pour répandre l’Évangile fut l’un des premiers martyrs du christianisme. Il a été arrêté par des officiers romains, puis condamné à mort, crucifié, dans la capitale de l’Empire.

En 250, l’empereur Dece (mort en 251) décida de rendre obligatoire le culte impérial pour les chrétiens et non pour les juifs, qui en étaient exemptés. Étaient condamnés à mort les chrétiens qui refusaient d’apostasier [12].

En 257, l’empereur Valérien (vaincu et capturé par les Perses en 260) reprenait les persécutions contre les chrétiens. Un premier édit impérial (257) visait les clercs, tenus de sacrifier aux dieux païens sous peine d’exil ou de travaux forcés. Le deuxième (258), plus sévère, condamnait à mort tous les chrétiens qui refusaient de sacrifier.

En 303 démarra la persécution la plus longue, ordonné par l’empereur Dioclétien. Un premier édit ordonna de « raser au sol les églises et de jeter les Écritures au feu » ; les chrétiens de haut rang étaient exclus de l’administration et perdaient leurs droits et privilèges. Trois autres édits aggravèrent le premier, imposant finalement à tous les chrétiens l’apostasie sous peine de mort. Il y eut des milliers de victimes, surtout dans la partie orientale de l’Empire.

L’historien et évêque Eusèbe de Césarée, témoin oculaire des événements en Égypte, raconte dans son Histoire ecclésiastique :

« Nous avons vu nous-même, étant sur les lieux, un grand nombre de martyrs subir ensemble, en un seul jour, les uns la décapitation, les autres le supplice du feu, si bien que le fer qui tuait était émoussé et qu’usé il était mis en pièces et que les bourreaux eux-mêmes, fatigués, se succédaient alternativement les uns aux autres. »

L’acharnement contre les chrétiens se poursuivit jusqu’en 312, notamment en raison de l’accroissement de leur nombre. Le nombre de chrétiens augmenta, non pas malgré les persécutions, mais grâce aux persécutions. La dimension héroïque des martyrs n’effraya pas les futurs convertis, bien au contraire, elle les attira vers le christianisme. Pour reprendre les termes de l’historien Peter Brown, « la démesure héroïque démontrait la supériorité surnaturelle de la religion chrétienne » [13]. Le sang des martyrs ensemençait des chrétiens, disait Tertullien.

Le martyr (qui signifie témoin en latin comme en arabe, chahid) est un héros (celui qui fait preuve d’un courage et d’un mérite supérieur). Le martyr/héros survit à sa propre mort et fait prospérer la religion, la croyance pour laquelle il a accepté de se sacrifier.

Ces martyrs chrétiens, à commencer par l’apôtre Pierre, ont sans aucun doute été inspiré par le Christ (que la paix soit sur lui) qui, dans la tradition chrétienne, est mort crucifié (et ressuscité). Dans la tradition musulmane, Jésus, le Messie, n’a été ni tué ni crucifié, mais Dieu l’a sauvé et élevé. Finalement, dans les deux traditions, chrétienne et musulmane, c’est vivant que Jésus est monté aux cieux.

La crucifixion et la « mort » de Jésus furent interprétées comme une défaite par ses ennemis les pharisiens et les juifs qui ont refusé de le suivre. Du point de vue chrétien et musulman, ce fut une victoire, puisque Jésus quitta la Terre en étant bel et bien vivant. Mais cette victoire fut également historique, puisque trois siècles plus tard, l’Empire romain fit sa conversion au christianisme.

La guerre menée contre les chrétiens et plus tard contre les musulmans n’a fait que renforcer ces deux religions, les martyrs les ont fait grandir, et leur prestige a attiré de nouveaux convertis jusqu’à faire naître des empires.

Le contexte est aujourd’hui différent mais nous faisons face aux mêmes forces que ceux qui nous ont précédés. Nous sommes confrontés aux forces antichristiques qui ciblent tous ceux qui s’élèvent contre elles.

Daria fait partie de ceux qui se sont élevés contre cet empire maléfique, sachant les risques encourus. La Russie, comme tous ses camarades à travers le monde, dont je suis, la comptons donc parmi les héros/martyrs pour s’être sacrifiée dans cette lutte contre Satan (l’adversaire).

L’histoire doit ainsi servir de leçon à tous ceux qui sont engagés dans ce combat, comme à nos ennemis qui ont été défaits hier et qui le seront demain.

Le courage d’une jeune femme morte dans la lutte pour la Vérité aura pour conséquence de renforcer ceux qui, en Russie comme ailleurs, luttent contre les avatars de l’Antéchrist. Le sacrifice de Daria permet également de mieux cerner, pour ceux qui en doutaient encore, la nature diabolique de notre ennemi, qui s’est réjoui de l’assassinat d’une femme innocente.

Aussi, Daria mérite un monument ou une rue en son honneur à Moscou, où elle est née et d’où elle a mené son combat, notre combat, mais aussi dans d’autres pays, comme symbole de la lutte contre l’Empire du mensonge. Non pour la glorifier, mais pour que son témoignage soit inscrit dans les mémoires comme dans le marbre. Car, symboliquement, les martyrs combattent aux côtés des vivants.

Youssef Hindi

 

Ne manquez pas Youssef Hindi en conférence à Paris le 17 septembre !

Notes

[1] https://www.geopolitika.ru/fr/news/...

[2] https://www.liberation.fr/internati...

[3] https://www.breizh-info.com/2022/05...

[4] https://news.un.org/fr/story/2022/0...

[5] ulius Evola, La Métaphysique de la guerre, Diorama Filosofico, mi-août 1935.

[6] Rapporté par An-Nassâ’î.

[7] Rapporté par Muslim dans son Sahîh n°49. Selon le grand savant Mullâ ‘Alî Qarî dans « Mirqât al-mafâtih » (9/324), « changer par sa main » est la responsabilité de l’État, « changer par sa langue » appartient aux savants, et « changer par son cœur », concerne tous les gens du peuple. https://editions-hanif.com/la-polit...

[8] Julius Evola, La Métaphysique de la guerre.

[9] Bayhaqî, zuhd, cité dans Martin Lings, Le Prophète Muhammad, Ed. Seuil, p. 390.

[10] Jean-Michel Abdallah Yahya Darolles, Aperçus sur le jihad : doctrine et applications, Institut des Hautes Etudes Islamiques : http://www.ihei-asso.org/docspdf/Ap...

[11] Rûmi, Le livre du Dedans, Ed. Sindbad.

[12] Nancy Gauthier, « Mourir pour le Christ : le temps des martyrs », L’Histoire, dans mensuel 227, daté de décembre 1998. https://www.lhistoire.fr/mourir-pou...

[13] Cité par Emmanuel Todd, Où en sommes-nous ? Une esquisse de l’histoire humaine, Seuil, 2017, Chapitre 4 : Le judaïsme et le premier christianisme : famille et alphabétisation.

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